La Commission européenne encense les « bonnes pratiques » qui réduisent en cendres les vies, les biens et les richesses d'Europe
24 août 2026Communiqué du groupe parlementaire européen du KKE 7 août 2026. Celui-ci fait suite aux réponses très insuffisantes de la commission aux questions du groupe sur les incendies qui sévissent en Europe.
La Commission européenne prétend « promouvoir une approche holistique et intégrée de la gestion du risque d’incendies de forêt ». Ces propos ne peuvent être considérés que sont une provocation. La seule chose de « holistique » que constatent les peuples, c’est l’ampleur des destructions enregistrées : pertes humaines, parmi lesquelles des pompiers, destruction des biens des populations et, plus largement, ravage des richesses forestières.
La commission ne se dégonfle pas et poursuit qu’elle « prévoit de publier » des « lignes directrices » fondées sur ses « bonnes pratiques » en… 2027 ! S’agit-il bien des mêmes « bonnes pratiques » qui ont conduit à la destruction par le feu de 30 000 hectares en Grèce et de plus de 530 000 hectares dans l’ensemble de l’UE ? Est-ce que ce sont bien ces mêmes « bonnes pratiques » de l’UE qui ont été appliquées aussi bien par le gouvernement de Nouvelle Démocratie [droite] que par les gouvernements précédents, et qui ont conduit à ce que 40 % des forêts de l’Attique partent en fumée depuis 2017 ?
Cette saison encore, nos gouvernements ont invoqué le changement climatique et la responsabilité individuelle, ils tentent ainsi de dissimuler leur politique criminelle en matière de lutte contre les incendies.
Dans leur système fondé sur l’exploitation, les terres sont transformées en marchandises et les forêts sont considérées comme un coût pour l’État et comme une source de profit pour les monopoles qui ont « carte blanche » pour faire ce qu’elles veulent des espaces forestiers !
Il est particulièrement frappant que les investissements dits « verts » dans le secteur de l’énergie, déjà extrêmement coûteux pour la population, se révèlent également dangereux du point de vue des incendies. Le récent exemple en Béotie l’a montré*. Les décharges et installations de recyclage, constituent elles aussi une plaie : exploitées selon les critères du profit entrepreneurial, elles deviennent notamment des foyers réguliers d’incendies.
Du fait des restrictions budgétaires — qui servent notamment à alimenter les préparatifs de guerre — il n’existe aujourd’hui aucun plan global de protection contre les incendies basé sur la prévention. La prévention a été séparée depuis des décennies de la lutte contre les incendies de forêt, avec l’aval de l’UE et de l’ensemble des partis. Il manque des milliers de pompiers et d’ouvriers forestiers, ainsi que des moyens matériels et infrastructure pour mener cette stratégie de prévention. La Commission passe cette réalité sous silence, en invoquant exclusivement la responsabilité ponctuelle des gouvernements.
Sur les pompiers actuellement en service, la Commission affirme en substance que les problèmes sont résolus grâce aux directives européennes qui imposent des horaires de travail épuisants afin de combler les énormes pénuries de personnel, ainsi qu’avec les « droits » minimaux des travailleurs qu’elle reconnaît elle-même imposer directement.
Enfin, la commission affirme — au mépris de la réalité — que le mécanisme européen de protection civile rescEU est « efficace »*. Les faits confirment qu’il perpétue et reproduit en réalité le manque criant de moyens et de personnel de lutte contre les incendies des États membres, qui ne sont désormais plus en mesure de faire face aux incendies.
Alors que l’opposition de circonstance des autres partis affirme que « ce n’est pas le moment de désigner les responsabilités, mais de nous recueillir et de réfléchir tous ensemble », blanchissant ainsi la politique incendiaire de l’UE, de l’État et du gouvernement, c’est au contraire maintenant que le moment est venu d’une mobilisation et d’une action populaires maximales.
Aux côtés de la population, là où elle se bat pour sauver tout ce qui peut encore l’être. Mais aussi dans l’organisation de la lutte pour obtenir des indemnisations substantielles à 100 %, la restauration complète des forêts et des biens détruits, ainsi que la réalisation de travaux de lutte contre les inondations et de prévention des incendies. Il faut également lutter pour le recrutement de personnel et le renforcement des infrastructures et des moyens, pour la protection de la santé et de la sécurité des pompiers, pour des horaires de travail humains et pour l’octroi des jours de repos accumulés qui leur sont dus.
La colère face aux responsabilités du gouvernement et de l’appareil d’État, de l’UE, peut et doit se transformer en affrontement avec la politique du profit qui réduit en cendres des vies humaines, les biens des familles populaires et les richesses forestières.
* Un maire de la commune de Stylida a été arrêté pour car le réseau électrique depuis un parc éolienne avait été installé par sa compagnie et a été à l'origine d'un large incendie de forêt.
* RescUE est le dispositif remplaçant en 2019 les précédents dispositifs de protections civiles. Il est présenté comme une réserve de moyens à mettre à disposition des états membres pour répondre à une situation de crise ponctuelle. Dès l'épidémie de Covid, l'instrument devient essentiellement une structure de "commande groupée" de matériel au niveau européen (et donc un moyen de soutenir les prix du marché mondial). Dans le cas des feux de forêts, les besoins en véhicules amphibies (canadairs et autres) a lieu tous les étés simultanément dans les états du sud de l'Europe...donc le dispositif vient seulement se substituer à une (petite) part de l'investissement pour de nouveaux moyens. A titre d'exemple sur les 4 canadairs commandés pour la France, 2 sont décrits comme payés par RescUE bien que l'état en paye plus de la moitié. L'UE met en avant la coordination des moyens alors que les accords de mise à disposition entre états frontaliers des moyens en fonction de la nécessité existaient depuis des années.