Paix et socialisme : COMBATTRE L’UNiON EUROPÉENNE DU CAPiTAL
21 avr. 2026Le 40e congrès du Parti Communiste Français approche et il s’inscrit dans un moment de bascule. Combattre la politique de guerre, le danger fasciste, l’offensive patronale, répondre aux besoins des travailleurs, des jeunes et des précaires : voilà quelle devrait être toute l’activité du PCF. Nous constatons que ce n’est pas le cas et qu’il faut que le Parti se ressaisisse, que les Communistes le reprennent en main, le remettent sur les rails de la lutte des classes.
C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une proposition de base commune alternative à soumettre à l’ensemble des communistes : « Pour la Paix et le socialisme : reconstruisons le parti de classe ». Tu trouveras le texte en intégralité sur le site Paix et socialisme
Ce texte est à l’initiative, entre autres, des militants de la section du 15e arrondissement de Paris. Il s’inscrit dans la continuité des textes « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes ! » en 2006, « Notre peuple a besoin du PCF ! » en 2010, « Ni abandon, ni effacement, un parti résolument communiste dans l’affrontement de classe ! » en 2012, « Reconstruisons le parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes ! » en 2016 et « Reconstruire le parti de classe » en 2018.
Pour que ce texte soit présenté à l’ensemble des adhérents du PCF dans le cadre du congrès, il doit être signé par minimum 300 camarades. Nous appelons à la signatures de tous les communistes adhérents ou non : je signe
Ci-dessous, nous reproduisons la 3ème partie du texte "COMBATTRE L’UNiON EUROPÉENNE DU CAPiTAL".
Il y a 20 ans, nous rejetions massivement le projet de Constitution Européenne. Véritable vote de classe (79% des ouvriers, 67% des employés, 71% des chômeurs, 70% des agriculteurs), la victoire du NON lors du référendum du 29 mai 2005, constituait une véritable déroute pour les promoteurs de l’Union Européenne (PS, Verts, droite et libéraux réunis dans une véritable Union Sacrée) malgré une campagne de propagande intensive de l’intégralité des médias dominants.
Très largement porté par les questions sociales, ce vote portait en lui le rejet des directives de privatisation, du dumping social, de la destruction de notre industrie, des délocalisations, des politiques d’austérité au nom de l’Euro, bref de toutes les politiques de régression imposées aux peuples d’Europe au nom de Maastricht et des impératifs européens.
La suite est connue : les dispositions de la constitution européenne furent adoptées de manière autoritaire par le traité de Lisbonne en 2008, entérinant au passage le vote à majorité qualifiée pour le Conseil de l’Union Européenne et le renforcement du caractère supranational de l’UE.
Plus largement en Europe, partout où les gouvernements ont tenté de renforcer l’intégration européenne par référendum, ceux-ci se sont soldés par des échecs (France, Pays-Bas, Irlande, Danemark) quand ils n’ont pas été annulés d’avance (Suède, Danemark, République Tchèque). A cela s’ajoute le référendum en Grèce (2015), à la suite à la crise de la zone euro, et le Brexit (2016).
Les illusions doivent être dissipées, la violation de la démocratie et de la souveraineté n’est pas un accident amendable du projet européen, elle est le fondement de même de l’Union Européenne.
Depuis, les partisans de l’UE du Capital ont pris note de l’opposition des peuples et l’intégration européenne s’est largement poursuivie à l’écart du débat public, en utilisant à fond l’arsenal des traités existants, à grands coups de directives et de commissions obscures influencées par les lobbies patronaux.
Ainsi, à la faveur de la crise financière de 2008, qui a vu s’effondrer une grande partie du secteur bancaire et financier européen, l’UE s’est mise plus nettement encore au service du Capital, au nom du « sauvetage » de l’économie et des banques privées dont la valeur des actifs financiers toxiques s’étaient effondrés. Mais ladite opération de « sauvetage » du secteur bancaire et financier s’est rapidement transformée en une vaste opération de « plumage » au profit de la finance européenne. « Plumage » des budgets publics d’abord, avec l’envolée des taux d’intérêts de la dette des États, qui a mis plusieurs États européens en difficulté pour financer leur déficit public. Le peuple grec en sait quelque chose, saigné à blanc par les créanciers privés grâce à l’appui de la BCE et de la Commission Européenne.
Puis, à la suite de la crise des dettes souveraines, la Banque Centrale Européenne a engagé un vaste plan de relance monétaire afin de faciliter le financement de déficits publics des États, motivée par le risque de déflation qui menaçait alors la rentabilité du Capital en Europe. Au total, l’énorme quantité de monnaie créée par la BCE (5 000 milliards d’euros entre 2015 et 2022) a permis de stabiliser les cours financiers, voir de les faire repartir à la hausse avant la crise COVID. Elle a alimenté directement la spéculation financière, sans jamais à répondre aux besoins sociaux des populations. Par la suite, à la sortie de crise du COVID, l’inflation inédite depuis trente ans a miné le pouvoir d’achat des salariés.
C’est dans ce cadre que s’inscrivent les mandats d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne depuis 2019 qui, à la faveur de la crise COVID, a fait rentrer de nouveau l’UE dans le débat public, comme support à la politique du Capital :
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Après avoir été un acteur déterminant pendant des années de la casse des systèmes de santé nationaux, nous avons vu l’UE prendre en 2020, pour la première fois, le rôle de « centrale d’achat » des fournitures médicales (dont les vaccins payés à prix d’or aux multinationales américaines Pfizer et Moderna), préparant le terrain à la prise en charge au niveau européen de l’approvisionnement énergétique en 2022 dans le cadre du conflit ukrainien.
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En juillet 2020, le Plan de relance européen (800 milliards d’euros) a servi de support aux États européens pour déverser de nouveau des centaines de milliards dans les poches du patronat au nom du « soutien aux entreprises ». Ce sont ces mêmes milliards que l’on demande aujourd’hui aux travailleurs de rembourser au nom de la résorption de la dette publique.
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En 2025, le plan ReArm Europe a répondu directement aux injonctions américaines de faire passer les dépenses militaires des états européens à 5% du PIB d’ici 2035. Pour la France, cela équivaut à faire passer le budget de l’armée à 172 milliards d’euros par an d’ici dix ans (contre 62 en 2025).
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Enfin, en juillet 2025, c’est l’UE elle-même qui a négocié au nom des États l’accord commercial ubuesque avec l’administration Trump, permettant aux USA d’imposer des droits de douane sur les produits européens à hauteur de 15%, en échange d’une taxation à 0% des produits US importés en Europe, d’un achat de 750 milliards de dollars des produits énergétiques américains, de 40 milliards de dollars de puces d'intelligence artificielle, de matériel militaire et d’un investissement de 600 milliards de dollars aux USA d'ici 2028.
Bref, l’UE continue d’être ce qu’elle a toujours été depuis sa création : un instrument du Capital pour asservir les peuples, les déposséder de leur souveraineté au profit des trusts, organiser leur mise en concurrence, liquider leurs services publics… En définitive, servir d’organisateur et de prétexte des politiques anti-sociales partout en Europe.
Communistes, nous avons la responsabilité de porter la contestation sans concession de l’UE et de ses directives, en refusant l’escamotage des questions économiques centrales à Bruxelles, et en portant de manière claire la rupture avec l’UE, la BCE et l’Euro.
Cet objectif, indispensable à la mise en place d’une politique de rupture ne peut être portée que par une organisation révolutionnaire. Il constitue un des antagonismes fondamentaux avec la social-démocratie, dont l’allégeance au projet européen est le cache-sexe de leur soumission au Capital. Même LFI a très largement mis en sourdine l’opposition de façade à l’UE qu’elle avait prétendu incarner pendant un temps.
Ainsi, après vingt-cinq ans de virage « euro-constructif », il est plus que temps que le PCF reprenne le chemin ouvert par des décennies de lutte contre l’Union Européenne supranationale, depuis notre opposition à la Communauté Européenne du charbon et de l’acier en 1951, à la Communauté Européenne de défense en 1954, au Traité de Rome en 1957, à l’Acte unique en 1986, à Maastricht en 1992 et à l’Euro à la fin des années 90.
Affirmons clairement que « l’Europe sociale », comme la « refonte démocratique de l’Europe » sont des leurres, car les institutions européennes, conçues par et pour les capitalistes, ne sont pas réformables ! Sortons du Parti de la Gauche Européenne (PGE), organisation de promotion d’une « construction européenne de gauche », que quasiment tous les partis communistes européens ont refusé de rejoindre ou ont quitté ces dernières années.
Qu’on le veuille ou non, le cadre national constitue encore et pour longtemps le cadre principal de la lutte des classes, le cadre dans lequel les travailleurs ont forgé de longue date leurs organisations, leurs liens de solidarité, leur Histoire commune. Dans lequel ils ont conquis, souvent de haute lutte, les libertés démocratiques et les avancées sociales. Partout en Europe, il reste le cadre dans lequel les travailleurs construisent des rapports de force pour faire aboutir leurs revendications. Ce n’est pas vrai à l’échelle européenne ou à l’échelle régionale. Il reste encore aujourd’hui le seul cadre permettant d’engager une rupture ouvrant la voie au socialisme.
C’est bien pour cette raison, que le Capital a poussé depuis 1945 à l’intégration des nations dans des blocs régionaux, tantôt alliés, tantôt rivaux, afin de placer le niveau de décision à l’échelon le plus éloigné possible des travailleurs et de répondre au besoin des multinationales. En cela, l’Union européenne supranationale en est le modèle le plus abouti. C’est fort de cette analyse que le Parti communiste français s’est opposé avec une grande lucidité en 1976 à l’élection du Parlement européen au suffrage universel, « face au risque de voir les institutions parlementaires française dessaisies progressivement de leurs pouvoirs au profit d’un organisme où le grand capital est assuré de trouver un appui solide », comme il s’est opposé en même temps à « toute tentative de porter atteinte à la souveraineté nationale en étendant les pouvoirs de l’Assemblée européenne ».
Le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est une dimension centrale du combat internationaliste qui est au cœur de notre engagement. Il est incompatible avec l’UE dont la raison d’être est de dessaisir les nations de leur souveraineté.
En cela, il est un non-sens dangereux de laisser à l’extrême-droite le monopole de la critique de l’Union Européenne, sur une base essentiellement xénophobe et démagogique, même si pour rassurer les milieux d’affaire, le RN a très largement édulcoré sa critique de l’UE. Loin d’être un rempart au fascisme, l’Europe prétendument « libérale » et technocratique jette dans les bras des partis d’extrême-droite les couches entières de la population qui sont victimes de ses politiques et qui ne trouvent à gauche aucune organisation portant leur colère. D’ailleurs, quand ces mêmes partis d’extrême-droite arrivent au pouvoir, comme en Italie ou au Pays-Bas, ils s’accommodent très bien des institutions européennes et réciproquement.
Enfin, à l’heure où Macron se fait le chantre d’une « Europe de la défense » et propose une « européanisation » de la dissuasion nucléaire, accentuant le risque lourd de l’engrenage atomique, la responsabilité du PCF doit être d’organiser le combat contre cette politique de mort. La politique de défense de l’UE et l’OTAN sont inséparables de par leurs fondements même. Si nous combattons l’impérialisme US et sa folie meurtrière, ce n’est certainement pas pour nous satisfaire d’un impérialisme au couleur de l’UE !