Le 3 janvier, les Etats-Unis lançaient une opération militaire d'une rare ampleur pour enlever le président du Vénézuéla Nicola Maduro, bombardant au passage une dizaine de sites militaires et civils. Le soir de cette même journée, Donald Trump déclarait dans son language épuré habituel "we are going to run the country" [on va faire tourner le pays]. Trois mois après, on peut effectivement constater que cette prophétie se réalise sous la forme d'une colonisation pure et simple. Le Parti Communiste du Vénézuéla (PCV) appelle largement les travailleurs à se soulever contre la machine coloniale.

Les vassaux des Etats-Unis, dont Emmanuel macron, s'attendaient au choix de la droite ou l'extrême-droite pour assurer la transition politique. Au lieu de cela, l'administration Trump a confié cette tâche au Parti Socialiste Unifié (PSUV) déjà en place. Le choix du parti de Maduro créé en 2009 par Hugo Chavez comme allié était parfaitement judicieux. En effet, depuis l'arrivé au pouvoir de Chavez en 1999, le PSUV (et son ancêtre le Mouvement 5ème République) a pris contrôle de l'ensemble de la chaîne de commandement politique et économique du pays, dont les deux dirigeants les plus influents : Delcy Rodriguez (vice-présidente et présidente par intérim) et Jorge Rodriguez (ancien vice-président sous Chavez et président de l'assemblée nationale).

Au niveau politique et juridique, le programme de transition repose sur la destruction des deux piliers du modèle social hérité des luttes de la seconde moitié du XXème siècle : 

1. Négation du système de redistribution socialisé adaptés aux revenus. La réforme du droit du travail vise à  permettre aux employeurs de "rétribuer de manière régulière en devises étrangères". Autrement dit à fournir un salaire déguisé en dollard, sans contribution au système de protection sociale.

2. Renoncement à la propriété nationale des ressources pétrolières et minières, et au monopole de leur exploitation. Entre autres réformes, le Trésor américain prendra en charge la vente de la production d'or à la place de la banque nationale du Vénézuéla et tout tribunal étranger peut être saisi pour légiférer les conflits relatifs à l'exploitation du pétrole.

 

Ces mesures prises relèvent directement de la colonisation sans faux-semblants démocratiques. De plus, les représentants de l'administration américaine passent chacun leur tour donner leurs consignes et superviser l'avancement du "chantier politique" : John Ratcliffe (dirigeant de la CIA en photo), Christopher Wright (secrétaire à l'Energie), Doug Burgum (secrétaire à l'intérieur, i.e. en charge des ressources naturelles américaines), et même Frank Donovan (Général de la région sud) qui avait dirigé directement l'opération du 3 janvier.

Aucune de ces insultes n'a été relevée par la gouvernance PSUV qui a abdiqué militairement et politiquement. Le programme de transformation de l'état est donc présenté comme un "programme de modernisation de la production" et les commandeurs américains comme "des relations diplomatiques". Cette réécriture totale de la réalité politique est permise par un lourd silence médiatique et politique :

- Sous la présidence Maduro le nombre de journaux diffusés nationalement a été divisé par 5, et seule l'opposition de droite dispose de médias de masse "dissidents" des médias du gouvernement. L'abandon de l'état de droit se fait donc dans le plus grand silence médiatique (que les médias français n'iront certainement briser).

- Cette absence de moyens d'information se double de l'usage inique du "secret défense" déclaré au motif de l'agression extérieure. En reprenant la rhétorique de la défense de l'état contre l'ennemi impérialiste (comme si les EU avaient besoin de la presse vénézuélienne pour collecter des informations stratégiques), le PSUV s'assure par un moyen supplémentaire d'un silence total sur la transformation profonde de l'état qui se joue semaine après semaine. 

Nous relayons ici plusieurs articles parus dans "Tribuna Popular", le journal du PCV, devenu de fait l'une des très rares sources d'information dans un pays où la loi du silence est devenu la règle. Plus que jamais aucun renoncement pour travailleurs, mais un seul mot d'ordre : NI  IMPERIALISTE, NI AUTORITARISME !

 

Déclaration du Parti communiste du Venezuela sur la réforme partielle de la loi organique sur les hydrocarbures

source

Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela (PCV) — élu lors du XVIe Congrès national, en novembre 2022 — dénonce devant le pays que la proposition de réforme partielle de la Loi organique des hydrocarbures (LOH) constitue une grave violation de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela et un recul historique dans la défense de la souveraineté nationale sur les ressources énergétiques stratégiques.

L’agression militaire des États-Unis est instrumentalisée comme un prétexte politique pour justifier le démantèlement de la souveraineté pétrolière vénézuélienne à travers un nouvel et grave épisode de violation de l’ordre constitutionnel. Ce processus n’est ni circonstanciel ni conjoncturel : il a des antécédents clairs dans la dite « loi antiblocage », par laquelle la direction du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) a institutionnalisé l’opacité, la discrétion arbitraire et la dissimulation systématique des affaires stratégiques du pays, et il s’est approfondi avec les accords signés avec l’entreprise Chevron, dont les termes continuent d’être délibérément cachés au peuple vénézuélien, encore aujourd’hui.

Dans ce contexte, le PCV exige l’abrogation immédiate de la « loi antiblocage » et dénonce le soi-disant « modèle Chevron » comme un ensemble de manœuvres portant atteinte à la souveraineté nationale, visant à brader les ressources stratégiques du pays en échange de la garantie du maintien de l’élite dirigeante au pouvoir, en dehors de la Constitution, du contrôle démocratique et de l’intérêt national.

L’industrie pétrolière vénézuélienne traverse une crise profonde qui n’est pas seulement la conséquence des mesures coercitives unilatérales criminelles imposées par l’impérialisme, mais aussi de l’échec de la politique gouvernementale, caractérisée par la corruption, l’improvisation et le démantèlement progressif des institutions.

Le danger imminent réside dans le fait que la « sortie » promue par la direction du PSUV n’est pas orientée vers la récupération et le développement souverain des forces productives, mais vers la satisfaction des appétits du capital transnational, approfondissant la dépendance et compromettant l’avenir du pays.

Sous le faux argument de la « modernisation » et de « l’efficacité économique », la proposition de réforme de la LOH ouvre de manière progressive et systématique la voie à la privatisation des activités pétrolières primaires, en méconnaissant des principes constitutionnels explicites et en affaiblissant le contrôle démocratique de l’État sur la principale richesse du pays.

En premier lieu, la réforme viole l’article 302 de la Constitution, qui consacre le monopole exclusif de l’État sur les activités primaires d’exploration, d’extraction, de collecte, de transport et de stockage initial des hydrocarbures. L’intégration explicite d’entreprises privées, sans aucune participation de l’État, comme opérateurs directs de ces activités, ainsi que la création de contrats leur permettant de les exécuter à leurs seuls coûts et risques, représente un abandon de fait du contrôle étatique, même si la propriété des gisements est formellement maintenue.

Cette violation est aggravée par le fait que ces entreprises privées peuvent être rémunérées en nature, par la remise de volumes d’hydrocarbures destinés à leur commercialisation directe, ce qui implique un transfert effectif de la rente pétrolière et une perte de souveraineté économique au profit du capital privé.

De plus, la réforme entre en contradiction ouverte avec l’article 151 de la Constitution, en supprimant l’obligation que les différends contractuels soient réglés devant les tribunaux de la République. Elle ouvre la possibilité de recourir à des mécanismes alternatifs étrangers au système juridique national. Cette disposition expose le pays à des instances d’arbitrage international et à des décisions contraires aux intérêts nationaux, portant gravement atteinte à la souveraineté juridique de la République.

De même, l’article 150 de la Constitution est violé, en réduisant de manière substantielle les compétences de l’Assemblée nationale dans l’approbation des contrats d’intérêt public national. Alors que la législation en vigueur exige l’approbation préalable du Parlement pour la création d’entreprises mixtes et la définition des conditions d’exercice des activités primaires, la réforme se limite à une simple notification, vidant de leur contenu les fonctions de contrôle, de surveillance et d’audit du pouvoir législatif.

La réforme introduit également des mécanismes permettant que la gestion effective des entreprises mixtes soit confiée au partenaire privé minoritaire, subordonnant la direction d’un secteur stratégique à des critères de rentabilité économique plutôt qu’à l’intérêt national. L’exigence de garantir « l’équilibre économique et financier » et le « retour sur investissement » ouvre la voie à des interprétations qui pourraient engager l’État à assurer des conditions de profit au capital privé.

Sur le plan fiscal, la réduction différenciée des redevances et des impôts d’extraction pour les entreprises privées et mixtes constitue une cession inacceptable de revenus publics, dans un contexte de profonde crise sociale. Ces allègements fiscaux, inexistants dans la législation actuelle, ne s’expliquent que par l’introduction d’acteurs privés dans des activités qui sont constitutionnellement réservées à l’État.

Le PCV alerte que cette réforme n’est pas un fait isolé, mais fait partie d’une politique systématique de démantèlement de la souveraineté pétrolière, menée en dehors du débat démocratique et en contradiction ouverte avec le texte constitutionnel approuvé par le peuple vénézuélien.

Nous réaffirmons que la défense des hydrocarbures comme patrimoine de la nation vénézuélienne est indissociable de la défense de la Constitution et du droit du pays à décider souverainement de son modèle de développement.

Le PCV appelle la classe ouvrière et, plus largement, les forces révolutionnaires, populaires, authentiquement démocratiques et patriotiques à rejeter cette réforme et à défendre le caractère stratégique, public et souverain de l’industrie pétrolière vénézuélienne.

Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela

Nouvelle loi sur l’or : la carte vers la capitulation

(article du numéro de mars 2026)

La visite de Doug Burgum, secrétaire du Département de l’Intérieur des États-Unis, le 4 mars dernier, ainsi que l’émission ultérieure de la Licence générale n° 51, ne sont pas des faits isolés. Elles constituent le prélude d’une opération de plus grande envergure : la réforme juridique visant à institutionnaliser le contrôle étranger sur nos ressources minières. Ce qui a été présenté comme une « reconnaissance de facto » par l’administration américaine est en réalité l’imposition d’un nouveau cadre de subordination, dont le rouage central est le projet de Loi organique des mines actuellement en discussion.

La Licence 51 : un acte de subordination

La rencontre au palais de Miraflores et l’envoi d’une tonne d’or (évaluée à plus de 160 millions de dollars) vers les États-Unis ont constitué le prélude d’une contrepartie préjudiciable. Deux jours plus tard, la Licence générale n° 51 a autorisé ce qui était auparavant interdit, mais dans des conditions qui violent de manière flagrante la Constitution.

Cette licence n’est pas une simple autorisation commerciale. C’est un mécanisme de contrôle qui viole l’article 151, lequel consacre le monopole des tribunaux vénézuéliens pour la résolution des litiges, en imposant que tout différend soit tranché aux États-Unis. Elle entre également en contradiction avec les articles 311 et 318, qui réservent à la Banque centrale du Venezuela (BCV) la gestion des ressources issues de l’exploitation minière, en ordonnant que les paiements soient effectués dans des « fonds de dépôt de gouvernement étranger » placés sous la tutelle du Département du Trésor des États-Unis.

Malgré le caractère manifestement préjudiciable de cette disposition, la direction officielle a adopté une attitude triomphaliste et, plus grave encore, elle modifie actuellement l’architecture juridique du secteur minier afin de l’adapter aux termes de cette licence.

Un débat législatif à l’aveugle

La discussion du nouveau projet de Loi organique des mines a débuté le 9 mars, dans un climat de secret et de désinformation. Des députés ont dénoncé ne pas avoir reçu le texte à temps et, près d’une semaine après la première lecture, le projet n’était même pas disponible sur le site web de l’Assemblée nationale. Cette opacité contraste avec l’importance stratégique du sujet et a contraint l’opinion publique à déduire le contenu de la loi à partir de déclarations fragmentaires.

Le 19 mars, dans ce même climat d’opacité, les 12 premiers articles du projet ont été approuvés. Parmi eux figure l’article 9, qui légalise l’arbitrage international et la médiation comme mécanismes de résolution des litiges, une disposition en contradiction directe avec l’article 151 de la Constitution.

Bien que l’adoption de ces premiers articles — comprenant également des dispositions générales, des définitions et la création de la Banque nationale des données géoscientifiques minières — puisse être présentée comme une avancée législative, le cœur de la loi ne se limite pas à ce qui a été approuvé : restent à débattre le régime de concessions de très longue durée, les modèles économiques ouvrant la voie à une privatisation totale et la tutelle financière extérieure susceptible d’aboutir au contrôle étranger des revenus miniers.

Le nouveau cadre juridique : concessions, arbitrage et tutelle financière

Le cadre légal en vigueur (décret de 2015) réservait à l’État les activités primaires, exigeait un minimum de 55 % de capital public dans les entreprises mixtes et centralisait la commercialisation au sein de la BCV. Le nouveau projet démantèle cet édifice souverain en introduisant des figures inédites qui ouvrent la voie à la privatisation et au contrôle étranger.

Si l’article 5 maintient les entreprises mixtes avec participation majoritaire de l’État, il introduit pour la première fois deux catégories représentant un recul en matière de souveraineté : les entreprises à participation minoritaire de l’État et les entreprises privées autorisées. Ces figures permettent au capital privé — national ou étranger — de prendre le contrôle des opérations minières sans que la République n’ait un véritable pouvoir de décision.

À cela s’ajoutent des concessions de très longue durée, l’arbitrage international déjà approuvé et l’absence de mécanismes de contrôle parlementaire, créant un scénario dans lequel l’État devient un simple spectateur de l’exploitation de ses propres ressources.

Le projet, à travers l’article 5, ouvre la voie à ce que des entreprises privées ou à participation minoritaire de l’État contrôlent l’activité minière. Plus grave encore, comme l’a averti le député Ricardo Ríos, des concessions de « 30 ans avec deux extensions de 15 ans » sont envisagées, soit un total de 60 ans. Cette durée, qui double celle prévue par la loi précédente, n’a aucune justification technique ni stratégique et constitue une hypothèque sur l’avenir de la nation.

Arbitrage international : la légalisation de la violation constitutionnelle

En cohérence directe avec la Licence 51, l’article 9 du nouveau projet — déjà approuvé le 19 mars — établit que les litiges pourront être tranchés « par des mécanismes alternatifs de résolution des conflits, y compris la médiation et l’arbitrage ».

Cet article entre en contradiction frontale avec l’article 151 de la Constitution. L’argument selon lequel il ne nécessiterait pas l’avis du procureur général de la République est une manœuvre visant à contourner le contrôle souverain. Il institutionnalise le fait qu’un juge ou un arbitre étranger puisse décider du sort de nos ressources, une pratique qui a historiquement conduit à la perte de souveraineté et de patrimoine national.

Tutelle financière extérieure

Le député Ríos a également alerté sur un point crucial : « l’argent provenant de la vente de l’or existe, mais il ne constitue pas un revenu automatique car il est sous tutelle ». Cet avertissement correspond directement au mandat de la Licence 51, qui ordonne de déposer les paiements sur des comptes sous la supervision du Département du Trésor des États-Unis. La nouvelle loi, en n’établissant pas de mécanismes de protection de ces ressources, facilite leur disparition dans des comptes étrangers, sans renforcer les réserves de la BCV ni l’économie nationale.

Exclusion des peuples autochtones et absence de contrôle parlementaire

L’absence de consultation préalable des peuples autochtones constitue une autre violation constitutionnelle, transformant le nouveau cadre juridique en instrument de dépossession territoriale.

À cela s’ajoute la disparition des mécanismes d’audit par l’Assemblée nationale, pourtant présents dans les législations antérieures et essentiels pour exercer un contrôle politique sur un secteur stratégique.

Souveraineté ou abandon : le dilemme stratégique

Selon des informations officielles, le Venezuela dispose de 4 700 tonnes de réserves certifiées d’or dans l’Arc minier, ce qui le place parmi les quatre pays possédant les plus grandes réserves inexploitées. En 2025, une production de 9,5 tonnes est projetée, ce qui montre le potentiel considérable du secteur pour renforcer la monnaie et l’autonomie nationale.

Cependant, le projet de Loi organique des mines, tel qu’il est rédigé, n’est pas conçu pour exploiter ce potentiel. Il ne s’agit pas d’adapter la loi aux besoins du pays, mais de la conformer aux exigences d’une puissance étrangère. Ses articles ne visent pas le « développement minier écologique » proclamé dans ses principes, mais à légaliser la spoliation.

Si l’on veut réellement faire de l’or une ressource stratégique au service du développement national, il est indispensable de :

  • Ouvrir un débat public, transparent et participatif, en mettant fin à l’opacité entourant ce projet ;

  • Garantir un contrôle parlementaire effectif, permettant de surveiller les entrées de devises et l’exécution des contrats ;

  • Respecter les droits des peuples autochtones, en intégrant la consultation préalable, libre et éclairée comme une obligation constitutionnelle ;

  • Soumettre tout accord aux dispositions de la Constitution, en supprimant les clauses d’arbitrage international et de tutelle financière étrangère.

Ce n’est qu’à ces conditions que l’on pourra parler sérieusement d’une exploitation minière souveraine. Dans le cas contraire, l’éclat de l’or continuera de disparaître, désormais dans des comptes étrangers protégés par une loi taillée sur mesure pour l’interventionnisme, et le Venezuela continuera de perdre ce qui devrait garantir son avenir.

Présence du chef du commendement sud à Caracas : consolidation d’un schéma de tutelle directe sur le Venezuela

(article du numéro de mars 2026)

Présence du chef du Commandement Sud à Caracas : consolidation d’un schéma de tutelle directe sur le Venezuela

La visite du chef du Commandement Sud des États-Unis, Francis L. Donovan, à Caracas le 18 février dernier, a suscité de vives critiques dans des secteurs politiques et sociaux, qui dénoncent la consolidation d’un schéma de tutelle étrangère sur le Venezuela après l’intervention militaire de janvier 2026.

Le haut responsable américain — directement chargé des opérations militaires déployées dans les Caraïbes depuis septembre dernier, qui ont fait plus de 100 morts exécutés sommairement — a tenu des réunions avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez, ainsi qu’avec Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur, et avec celui qui était alors ministre de la Défense, Vladimir Padrino López.

Selon l’ambassade des États-Unis, l’objectif de la visite était d’évaluer la mise en œuvre du « plan en trois phases » promu par le président Donald Trump, ainsi que de faire avancer un « agenda de coopération en matière de sécurité, de migration et de lutte contre le narcotrafic ». Des informations concordantes confirment en effet que cette visite s’inscrivait dans la supervision de ce plan et dans une coordination sécuritaire avec les autorités vénézuéliennes .

Cependant, pour le Parti communiste du Venezuela (PCV), ces rencontres confirment une réalité plus profonde : la perte de souveraineté nationale et l’instauration d’un gouvernement subordonné aux intérêts de Washington.

Un gouvernement qui exécute les ordres

Récemment, lors d’une audition devant le Sénat américain, Donovan a reconnu explicitement le degré de subordination de l’exécutif vénézuélien.

« Nous avons exposé nos préoccupations [à la direction gouvernementale vénézuélienne] et, depuis lors, toutes ces actions ont été exécutées par le gouvernement », a affirmé le chef du Commandement Sud.

Pour le PCV, cette déclaration montre que les décisions stratégiques du pays ne sont pas prises à Caracas, mais à Washington.

« Nous sommes face à un schéma de tutelle directe. Le gouvernement agit comme un administrateur de décisions prises par une puissance étrangère », a dénoncé Carlos Lazo, membre du Bureau politique du PCV.

De l’intervention au protectorat

Après la visite de Donovan, le 5 mars — date marquant les 13 ans de la mort de Hugo Chávez —, l’administration de Delcy Rodríguez et la Maison-Blanche ont annoncé le rétablissement des relations diplomatiques entre Caracas et Washington.

Le Département d’État a affirmé que cette décision visait à avancer vers une « transition démocratique » dans le pays sud-américain.

Cependant, le PCV rejette cette version et avertit qu’il s’agit d’une façade destinée à masquer un processus de contrôle politique et économique.

« La soi-disant transition est une farce. Il n’y a pas de véritable démocratie lorsque les décisions fondamentales sont conditionnées par une puissance étrangère et sous la pression d’une intervention militaire », a déclaré Lazo.

Un néocolonialisme en marche

Le dirigeant a dénoncé que ce schéma de tutelle vise à faciliter l’accès des capitaux étrangers aux ressources stratégiques du pays.

« Chaque nouveau “tuteur” américain qui arrive au Venezuela semble apporter un mandat pour modifier nos lois et faciliter le contrôle des ressources du pays », a-t-il affirmé.

Pour l’organisation politique, la présence de hauts responsables américains fait partie d’une stratégie plus large de reconfiguration du pays en tant qu’enclave subordonnée.

« Les États-Unis ne nous voient pas comme des partenaires ; ils nous voient comme leur arrière-cour et comme un territoire d’extraction de ressources », a dénoncé Lazo.

 

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