Le parlement européen approuve les centres inhumains d’expulsion et de déportation vers des pays tiers pour les réfugiés
29 mars 2026Communiqué du 27 mars 2026 du parti communiste grec (KKE).
La politique criminelle de l’Union européenne et des gouvernements en matière de réfugiés et de migration atteint de nouveaux sommets de barbarie après le vote et l’approbation par le Parlement européen de centres de re-localisation et d’expulsion de réfugiés et de migrants vers des pays tiers. Celle-ci est mise en lumière à travers une question adressée à la Commission européenne par l’eurodéputé de notre parti, Kostas Papadakis.
Sur ces derniers jours uniquement, on compte au moins 30 morts et disparus, conséquence directe de la politique criminelle de l’UE et des gouvernements en matière migratoire : le crime contre des réfugiés et des migrants à Chios, ainsi que la tragédie au large de Kaloi Limenes, en Crète. Selon les données de l’OIM [office international des migrants], depuis le début de l’année 2026, au moins 680 morts et disparus ont été recensés en Méditerranée — et cela uniquement pour les incidents connus — soit le bilan le plus lourd de la dernière décennie.
Les derniers développements, avec l’attaque criminelle des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, l’embrasement général de la région du Moyen-Orient, ainsi que les hostilités entre le Pakistan et l’Afghanistan, confirment que le pire est à venir. Déjà, des personnes en provenance d’Iran, du Liban, et de plus en plus d’Afghanistan ces derniers temps, ainsi que d’autres pays, ont commencé à prendre le chemin de l’exil forcé.
Les plans inhumains promus par l’UE non seulement ne stoppent pas les vagues de personnes désespérées, déplacées par la guerre impérialiste et chassées de leurs foyers par la pauvreté et la misère dues au pillage de leurs pays, mais au contraire les intensifient déjà.
Le texte du règlement approuvé par le Parlement européen prévoit également des sanctions très strictes pour les demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée et qui refusent de quitter le territoire de l’UE, telles que la confiscation des documents d’identité, la détention et des interdictions d’entrée prolongées sur le territoire d’un État membre.
Il inclut également la reconnaissance mutuelle des décisions prises par tout État membre, ce qui signifie qu’une décision de rejet prise, par exemple, en Italie, sera également valable en Allemagne, intensifiant ainsi les marchandages de toutes sortes entre États membres autour des « mouvements secondaires » et du partage du fardeau des expulsions.
Dans le cadre de la préparation à la guerre, l’UE et les gouvernements adoptent des mesures de plus en plus inhumaines, complétant le « Pacte sur la migration et l’asile » réactionnaire de l’UE avant même son entrée en vigueur cet été, et transformant les déracinés en pions sur l’échiquier géopolitique de rivalités intenses.
Des mesures telles que la création de camps de concentration modernes où les réfugiés seront exilés en violation de la Convention de Genève, avec la participation active du gouvernement de la Nouvelle Démocratie, les accords correspondants de l’UE avec des pays comme l’Égypte, la Libye et la Tunisie pour les y retenir, l’établissement d’une liste de « pays sûrs » pour les expulsions, et d’autres dispositions incluses dans le « Pacte », devraient aggraver encore le phénomène dans la période à venir.
La seule chose que cette politique réactionnaire et inhumaine parvient à faire est de pousser les déracinés vers des voyages de plus en plus risqués afin d’échapper à la répression de Frontex [l'agence européenne de garde-frontières et garde-côtes] et des gouvernements, transformant littéralement la Méditerranée en une mer de morts.
Par ailleurs, le fait que l’écrasante majorité des victimes du récent naufrage en Crète étaient Égyptiens réfute également le discours du gouvernement de la Nouvelle Démocratie concernant l’accord bilatéral Grèce–Égypte, censé garantir une « migration ordonnée ». Il s’agit en réalité d’un accord de type trafiquant d’êtres humains, visant à ouvrir et fermer le robinet en fonction des besoins de l’économie capitaliste — construction, tourisme, production agricole — pour une main-d’œuvre bon marché et renouvelable, quand, comme et aussi longtemps que nécessaire.
Sur la base de ce qui précède, l’eurodéputé du KKE a soumis les questions suivantes :
« Il est demandé à la Commission européenne quelle est sa position :
- Sur le fait que la prétendue “réduction des arrivées de réfugiés et de migrants” n’est rien d’autre que le résultat de l’intensification de la répression, désormais accentuée par les soi-disant “centres de retour”, c’est-à-dire des centres inhumains d’expulsion et de déportation de déracinés vers des pays tiers, approuvés également par le Parlement européen, et qui sont directement liés à l’enregistrement du plus grand nombre de victimes de la dernière décennie en mer Méditerranée ?
- Sur le fait que le gouvernement de la Nouvelle Démocratie s’est empressé de suspendre l’examen des demandes d’asile des Iraniens, comme cela avait été précédemment le cas pour les Syriens au niveau de l’UE, en regardant vers “le lendemain” et en empêchant les principales victimes — les déracinés — d’échapper au feu de la guerre au Moyen-Orient, guerre que tant lui-même que l’UE soutiennent et dans laquelle ils sont impliqués ? »